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Phoenix : nouvel album, nouveaux constats

Phoenix : nouvel album, nouveaux constats

Avant même sa sortie officielle (le 22 avril), Bankrupt ! dernier album de Phoenix, fuit déjà sur internet, deux mois avant. Vraie fuite ou stratégie marketing pour assurer le buzz, on ne le saura jamais – encore que la bande à Thomas Mars n’a pas vraiment besoin de ça pour faire parler d’elle. Presque 5 ans après Wolfgang Amadeus Phoenix, vrai bijou et vrai tournant dans la carrière du groupe, Bankrupt ! permettra-t-il aux pionniers de la French Touch de nous impressionner encore un peu plus ? Réponse.

Un leak (terme anglais pour signifier qu’un album débarque sur le web avant même sa sortie officielle) et quarante minutes et quelques plus tard, que penser de ce cinquième album studio. Bankrupt ! porte-t-il bien son nom ? Forcément, non. Après une première écoute, on est vite rassasié par la mélancolie ambiante presque dépressive de l’ensemble et pourtant, quand le silence arrive, on a un arrière-goût de pas assez.

Constat n°1 : Thomas Mars entre en dépression

Oubliés Everything is Everything ou encore Lisztomania. À presque 36 ans, Thomas Mars semble s’être essoufflé et la pêche des débuts de Phoenix (encore bien présente dans leur dernier opus) n’est plus – à part en format pixellisé affiché sur la pochette de l’album. On aimait la mélancolie de certaines mélodies dans leurs précédents morceaux, à condition qu’elle soit parcimonieusement dosée. Bankrupt ! devient presque larmoyant, dommage.

Constat n°2 : Le groupe choisit ses pochettes dans de vieux livres de cuisine

Faire du neuf avec du vieux, c’est un peu le credo de Phoenix. Rien de bien novateur – hélas – au niveau du son, à part sur leur premier extrait Entertainment, qui porte bien son nom. La preuve avec la pochette du single (une sorte de glace taillée dans un ananas en nature morte, sur fond gris) : après quelques secondes de recherches sur le net, on découvre qu’il s’agit en réalité… d’une photo d’illustration de livres de cuisine plutôt vintage. Allez donc voir par là.

Constat n°3 : Toujours la même construction dans l’enchaînement des titres

La parenthèse quasi instrumentale de Love like a sunset sur le précédent album est cette fois assurée par Bankrupt, cinquième morceau sur 10 de l’album, pile à la moitié donc. Rien de bien nouveau encore (Philippe Zdar assure toujours le mixage) mais on apprécie le clin d’œil.

Constat n°4 : Le titre Bankrupt ! porte mal son nom

Dès la première écoute, quelques morceaux se détachent du lot. SOS in Bel Air en fait partie (l’une des rares qui soit punchy), Chloroform aussi avec ses nappes de synthés addictives (en particulier sur sa dernière minute), mais aussi Bankrupt !, qui donne son nom à l’album. On retrouve un peu le son des heures de gloire des MGMT à leurs débuts. Près de 7 minutes de pur bonheur aérien et électronique. On est loin de la banqueroute…

Constat n°5 : Trying to be cool porte plutôt bien le sien

Point commun à l’ensemble des titres, leur format radio de 3 minutes 30 environ. Certains se détachent du lot, comme Trying to be cool qui évoque un panel de sentiments différents. Du cool, forcément, un peu de nostalgie, une atmosphère presque étudiante, nourrie d’espoirs. De quoi nous conforter dans l’idée que Phoenix ne vieillit jamais vraiment.

Constat n°6 : Wolfgang Amadeus Phoenix était donc bien un chef d’œuvre

S’il n’en restait qu’un, ce serait celui-là… Wolfgang Amadeus Phoenix, quatrième album studio du groupe, a définitivement scellé la reconnaissance de Phoenix aux États-Unis, mais aussi dans leur chère patrie puisque c’est seulement à partir de cet opus qu’ils rempliront les salles françaises à guichet fermé. Enregistré à New York, Bankrupt!  manque cruellement de chien. On a comme l’impression que le meilleur est déjà derrière eux – Madison Square Garden avec Daft Punk y compris. Malgré l’excellente instru d’Entertainment, aux sonorités asiatico-électroniques (façon China Girl de Bowie), Bankrupt ! n’apporte rien de bien novateur…

Constat n°7 : Trop court !

Est-ce du à Bourgeois, classieux et avant-dernier titre de l’album, ou au rythme qui semble s’accélérer à mesure que la fin approche, toujours est-il qu’une fois que cette Bankrupt ! se termine, on a qu’une envie : qu’elle recommence. Alors si la première écoute laisse perplexe, les suivantes nous confirment une chose : Phoenix renaît toujours de ses cendres.

En écoute intégrale :

À la demande de la société Warner Music, les titres à l’écoute ont dû être supprimés.

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