Mood Manifesto #6 : Minuit au MiDi

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Chaque été, le mot est dans toutes les bouches : « MiDi Festival« . Cette année pour la première fois, j’ai décidé de me faire ma propre idée et enfin confirmer que ce festival hyérois (non, pas celui de la Mode, même s’il a lieu au même endroit) est une vraie ode à la détente en musique, les pieds dans le sable, dans la pinède ou couchés dans l’herbe de la Villa Noailles… Débrief.

Hyères, French Riviera

@ Plage de l’Almanarre

Samedi. Direction la Plage de l’Almanarre, presqu’île de Giens. Certes, pas facile à trouver. D’autant plus que le GPS détecte qu’une commune s’appelle aussi Almanarre. On prend quelques festivaliers qui font du stop au passage, et on débarque sur cette plage réputée pour être prisée par les kite-surfeurs. Normal, quand on voit à quel point le vent souffle ici. Alors forcément, dans ces conditions, mettre une combi short a été une bonne idée (la robe se serait envolée) ; par contre,  j’ignore encore pourquoi j’ai décidé de mettre du monoï pour bronzer (ça aide le sable à COLLER à la peau).

Bilan de la session : boire sa bière sans éclabousser son voisin sous un vent de force 10 est un exercice impossible, de même qu’allumer sa Winston sans se réfugier dans un endroit fermé ou sous sa propre veste. Pour réchauffer les corps, l’italien Porcelain Raft nous offre un live concocté avec précision. Suit L’Amateur et ses hymnes électro solaires efficaces comme un écran total, l’italo disco du duo Chevalier Play qui fait monter le mercure (on les remercie surtout pour ça), précédés juste avant du producteur et DJ Star Slinger et son hip hop teintée d’électro expérimentale. Sur la plage, malgré la tempête, face aux vagues luminescentes, s’enchaînent Sun de Caribou, Tanlines remixé par Memory Tapes, ou la rencontre entre Connan Mockasin et Erol Alkan… C’est bon : l’été est là, même si la météo dit le contraire.

Dirty Beaches, Villa Noailles

Le soir même, on sillonne (sobres) la si périlleuse descente qui mène du parking à la Villa Noailles, perchée sur son rocher qui domine la baie de Hyères. Tout commence sur une note de douceur, un nuage de coton ou plutôt d’eau scintillante et vaporeuse avec la pop aérienne du duo féminin blond et sensuel Puro Instinct. Mention spéciale pour leur Silvers of You. Le clou de la soirée arrive lorsque le taïwanais Alex Zhang de Dirty Beaches prend possession de la scène. Aussi grand et fort que ses sons semblent tout droit sorties d’un scopitone, il nous berce et nous transperce, alternant comme un magicien entre la douceur et la vigueur. Mention spéciale pour Lord Knows Best. Mais l’explosion arrive avec Washed Out, qui vient donner une touche de dynamisme électro pop que la Villa Noailles semblait attendre avec impatience. Les morceaux s’enchaînent, et cet opus Within & Without dont tout le monde ne dit que du bien prend enfin toute sa profondeur sur scène. Cette fois, c’est sûr : on plane dans une autre galaxie.

Dans les jardins de la Villa Noailles

Annoncé comme l’évènement du festival, la cerise sur le gâteau, l’olive dans le Martini, la glace dans le whisky… la venue des écossais de Primal Scream, venus nous assaillir de leur rock aiguisé au couteau, aux riffs puissants et à la présence scénique intacte. Autour de la scène de l’Hippodrome Plage, on assiste à un spectacle magique. A l’occasion du vingtième anniversaire de leur opus Screamadelica, toute la foule salue leur talent comme il se doit. Les bras se lèvent, on frappe dans ses mains, on se laisse porter par un mélange d’euphorie et d’extase face à un Bobby Gillespie qui semble n’avoir pas pris une ride. Mention spéciale pour Higher than the sun. C’est un peu ça oui, pour résumer ce week-end musical à Hyères : au-delà du soleil, troisième galaxie à gauche. Après Minuit au MiDi…

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