Lettre à Simon Porte Jacquemus

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Cher Jacquemus, je t’aimais bien. Ta collection « parasols de Marseille » l’été dernier, ambiance retour à la plage du Prophète ou des Catalans dans les années 70, pour le coup, pourquoi pas. Sans chauvinisme aucun, la nostalgie des bords de mer de ton enfance m’avait plus ou moins touchée. Mais là, sincèrement… Que s’est-il passé ?

Jacquemus Automne Hiver 2015 2016

Ton défilé de l’automne hiver 2015/2016, dans la lignée de tes précédents, tu l’as justement baptisé « L’Enfant du soleil ». Sur le papier, ça sonnait bien. Direct, on pensait aux Mystérieuses Cité d’Or, aux Incas, bref, à un truc lumineux, solaire, presque exotique.

Quand soudain. La surprise. L’égarement. La consternation.

Alors oui, toi qui me lis, tu vas me dire que « les goûts et les couleurs ne se discutent pas » ou encore : « mais qui es-tu, toi, pour juger ? ». Ce jugement-là, c’est le mien, sans prétention aucune, sinon celle de donner mon avis. Faites-en ce que vous voulez.

Mais au-delà de toute notion de jugement, permettez-moi de constater, simplement. En quoi un pantalon difforme qui ressemble davantage à un rouleau de papier peint ivoire (ou à une immense feuille de papier Canson enroulée autour des jambes) peut-il représenter du « prêt-à-porter » ? Oui, d’accord, la Mode (avec un grand M) donne l’air du temps plutôt que de proposer des vêtements capables d’être portés dans la rue.  Oui, d’accord, mais là, pourquoi ?

Pourquoi cette silhouette, béante, à moitié nue, où l’encolure d’un body semble peinte à même la peau, au dessus de la poitrine, au feutre rouge ? Pourquoi ce faux masque couleur parquet clair, pour quoi faire ? Qu’as tu voulu nous dire, Jacquemus ? Est-ce que ce monde est sérieux ?

Jacquemus Picasso make up

Tendances maquillage automne-hiver 2015/2016

Un « esprit conceptuel », du « conceptualisme ». Tous les magazines de mode reprennent en choeur le même refrain. Ce mot que toi aussi tu balances allègrement chaque fois que ton interlocuteur semble froncer les sourcils. Ça n’est pas une idée, c’est un « concept ». Souvent même, tu ajoutes « non mais laisse tomber, tu peux pas comprendre ».

Dis, Jacquemus, tu dis avoir voulu découper tes tissus comme « un enfant ». Mais existe-t-il une mère, une seule, qui accepterait de s’habiller avec un pantalon conçu un peu chaotiquement par quelqu’un d’autre que son propre fils ? Ou même par son fils ?

Jacquemus Hiver 2015 2016 JAC_0132

Alors oui, j’avoue, Jacquemus. Là, je ne comprends pas.
À la saison prochaine, sans rancune.

2 COMMENTS

  1. Merci pour ce courageux commentaire.

    Pour ma part c’etait horrible.

    Deja qu’il ne faisait plas de pinces, pas d’ourlets.. Ces ambiances bord franc….

    Là « Jacquemus m’a tué… »

    Tell them I was here. cf. les évadés.

    LT

  2. Je viens de lire ton article, oui j’ai du retard mais je souhaiterai y répondre car tu y fait quelques erreurs qui décrédibilisent ton discours.

    Tout d’abord sache que le défilé est la vitrine d’une collection et que donc par conséquent, oui il y a dees pièces incroyables mais celles ci ne seront jamais commercialisées. Comme ce pantalon que tu as mis en photo d’ailleurs.

    Pour le reste, les pièces étaient portable e majorité et se sont d’ailleurs très bien vendues puisqu’il a réaliser cette année là 1.6 millions d’E de chiffre d’affaires.

    Enfin, Jacquemus n’a jamais été fait pour la grande consommation et c’est pour ca qu’il se permet d’être conceptuel (c’est à dire qu’il laisse primer ses idées sur la réalité du vêtement). Donc non une mère n’achèterai pas un pantalon mal coupé et c’est bien pour ça qu’il le fait puisqu’il fait des pièces pour des amatrice de mode avec un grand M, éduquée à ce style.

    Bref, je comprend tes goûts mais ta critique n’a pas de valeur dans le sens ou les info sont erronées

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