Lettre à ces gens que l’on croise sur les réseaux sociaux

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Cher toi,
Tu te reconnaîtras peut-être (sûrement) dans les lignes qui vont suivre. Ne prends pas mal ce que tu prendras pour de la moquerie quand il ne s’agira en fait que de cynisme. Un jour, tu changeras, ou pas. Mais pour l’heure, j’ai décidé de t’expliquer les deux trois trucs que tu fais sur les réseaux sociaux et qui m’exaspèrent un peu parfois.

First Apple Macintosh

Un jour, tu as découvert que grâce à ce truc magique qu’est Internet, tu pouvais enfin t’exprimer librement (mais caché derrière ton ordinateur, tout de même.) Du coup, tu t’es découvert tout à coup un égo surdimensionné. Tu as révélé au grand jour ce « personnal branleur » qui se cachait en toi, ou que tu ne caches finalement pas tant que ça dans la vraie vie. Tu assommes quotidiennement tes « amis » Facebook de statuts énumérant les choses incroyables qui t’arrivent ou qui t’attendent aujourd’hui, demain, dans un mois, dans un an. Souvent précédées de la mention « oh my god » (ou si tu as 15/20 ans, sa version raccourcie OMG / OMD !) ou accompagnées d’une photo créditée avec un photographe professionnel mais inconnu ou, mieux, d’un cliché Say Who. Comble de la hype.

Parfois même aussi, tu prends un malin plaisir à démontrer toute l’étendue de ta confiture culture (que tu travailles jour après jour sur les fiches Wikipédia, ndlr.) en citant des noms de personnalités connues d’environ 0,5% de la population ou issues d’un domaine très spécialisé, histoire que personne ne comprenne ce dont tu veux parler : « Cette performance en fin de course de Hutarovich, c’est un peu comme si de Gourmont avait écrit son bouquin en une soirée. » Oui, d’accord.

internet need help

Bon, finalement, le personal branling ça te rend un peu attachant. Ce côté sûr de toi, limite snob, prétentieux mais un peu bête, au fond. Gnan-gnan, comme dirait l’autre.

Par contre, ton camarade un peu niais qui passe son temps à lister toutes ses activités une par une, j’avoue qu’il est nettement plus chiant. Exaspérant. Le genre de mec qui, à la lecture de l’un de ses statuts te fait descendre ton fil d’actualité plus vite que prévu.
« En train de regarder xxxx @ Cinéma xxx ».
« Mange un Big Mac @ MacDonalds ZI xxxx ».
« Sirote un mojito @ xxxx avec xxxx (et xxx et xxx [si amis il possède]. »
« Cherche des vis à Leroy Merlin ZI xxxx ».

Toi qui te reconnais dans ces check-in Facebook, sache que ton train-train quotidien qui ressemble à celui du commun des mortels n’intéresse que toi. Les réseaux sociaux, c’est comme la télévision ou le cinéma : on y cherche du rêve. Du divertissement. Mort à la banalité existentielle et au premier degré.

Bon rassure-toi. Il y a des tas d’autres profils d’utilisateurs qui m’exaspèrent aussi jour après jour. Je reste dans mon coin, je ne dis rien, je regarde la catastrophe se dérouler sous mes yeux.

Je ne m’étalerai pas sur ces mères en congé maternité qui passent leur temps à se plaindre ou à poser des questions comme sur un forum Doctissimo. Pire, à parler de l’herpès buccal de leur petit dernier.

Je ne parlerai pas non plus de ces gens qui mettent « peut-être » en réponse aux invitations d’événement sur Facebook, comme si la décision devait être mûrie / réfléchie / pesée / pensée – comme si, après avoir cliqué sur « participer », leur futur serait bloqué sans aucune possibilité de revenir en arrière. Non, à la place, aucune prise de risque. Peut-être qu’à la boulangerie ils laissent aussi passer la personne derrière eux le temps de savoir s’ils la prennent ou non, cette baguette. Surtout qu’au fond, on sait très bien ce qu’ils pensent quand ils mettent « peut-être » :

  song-chart-memes-maybe-facebook

Finalement, tous, je vous aime bien. Chaque jour, vous me faites travailler mon niveau de tolérance. Et ça, ça vaut tout l’or du monde, je crois. Faut de tout c’est vrai. Faut de tout pour faire un monde.

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