Justice ou la confusion des genres

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On les aime ou pas, mais on ne reste pas indifférent. Si une seule phrase devait résumer le phénomène Justice, ce serait celle-ci. Blâmés pour leur abus des samples par certains, pendant que d’autres les félicitent de truffer leurs compositions de ces vieilles pépites, accusés de ne pas être des musiciens professionnels alors qu’ils en font justement leur force, la complexité du duo formé par Gaspard Augé et Xavier de Rosnay réside justement dans l’étonnante alchimie des genres, qu’ils se plaisent à mixer, confondre, révolutionner. Une tendance qui se confirme dans leur 2e album, Audio, Video, Disco

Confondre les genres, faire rocker l’électro et scintiller le rock… Ce deuxième opus, Audio, Video, Disco (forcément attendu au tournant après leur révolutionnaire ✝) vient confirmer cette envie : la croix emblématique, qui trône en maître tel un menhir, fait tomber toutes les barrières musicales.

Intro électrisante et disco, Horsepower résonne comme un appel au combat, sorte de bande-son d’un Luke Skywalker qui aurait enfilé le casque de Daft Punk. Dans la continuité, Civilization, premier extrait de l’album dévoilé en avril dernier, réaffirme le style cher à leur premier album, à grands coups de basses lourdes qui résonnent dans un écho presque chromatique.
Comme dans ✝, la force de l’album tient dans son ensemble, dans cette suite de morceaux qui n’a pas été laissée au hasard. Pourtant, l’époque de l’électro lourde et sombre qui avait fait les beaux jours du premier opus (Stress en est le meilleur exemple) semble déjà bien loin. Une idée qui avait déjà mûri dans le premier clip de ce nouvel album, Civilization, où un monde animé, coloré et quasi fantastique prenait fin sous nos yeux. Ohio, troisième piste, marque une césure. Comme le titre l’indique, c’est toute l’Amérique qui transpire au son du refrain entêtant de ces 4 lettres chantées comme une incantation.
Pour pousser la comparaison encore plus loin, on pourrait même penser que le festif D.A.N.C.E. du premier album a laissé place à On’N’On, hymne enjoué et dansant au possible.
Les comparaisons sont faciles, et si l’on se prête au jeu on peut voir loin, très loin : Brainvision rappelle les riffs de rock des années 90, type The Final Countdown d’Europe, l’inspiration de The Who est plus qu’évidente (Baba O’Riley sur Civilization, Won’t Get Fooled Again sur Newlands).
La Trinité, le Dieu Justice se cacherait-il derrière ces trois mots, chantés en boucle à la manière du « père, fils, saint Esprit » : Audio Video Disco…? Pour clore cette messe en onze titres, la chanson qui donne son nom à l’album, résonne comme une prière moderne, dans une chapelle baroque, celle de l’électro, où la boule à facettes trônerait à côté d’un crucifix noir.

Conclusion : En quatre ans, Justice n’a pas vraiment changé. Les ressemblances avec le premier opus sont nombreuses : chanson instrumentale d’intro (Genesis en 2007, Horsepower en 2011), trame de l’album avec un morceau  en deux parties (Phantom en 2007, Canon en 2011)… Justice semble dérouler sous nos yeux une énigme musicale dont on ignore la clé. Et si finalement, c’était cette quête qui en faisait toute sa beauté…?

Morceaux choisis

De 02:31 à 03 : 25 sur Newlands :

Justice – Newlands

De 01:52 à 02:30 sur Canon :

Justice – Canon

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