Interview de Rémi Bezançon

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C’est mon coup de coeur ciné ce mois-ci : Le Premier Jour Du Reste De Ta Vie, une comédie dramatique qui aborde un thème précieux, celui de la famille, avec une réalisation très bien ficellée.

C’est un peu comme si on revoyait le film de sa propre famille, photos jaunies et diapositives à l’appui, avec une pointe de nostalgie. On s’y attache vite à cette famille qui va vivre des bouleversements, des moments magiques, des crises, mais aussi des moments de joie. Et surtout 5 jours qui ont tout changé dans leur vie.

Rémi Bezançon, le réalisateur de “Ma vie en l’air”, revient avec l’histoire de la famille Duval, à travers les 5 jours clés des personnages. A cette occasion, Mademoiselle Julie lui a posé quelques questions. Confidences…

 

Mademoiselle Julie : La famille Duval, c’est un peu des morceaux de gens que vous avez connu ?
Rémi Bezançon : C’est à peu près ça, un peu de ma famille, un peu de mes amis, un peu des gens que je croise… Mais c’est surtout beaucoup d’imagination. David Lynch dit que les idées viennent jusqu’à vous, après il suffit juste de les cueillir.

Mademoiselle Julie : C’est également un choix de donner à vos 2 derniers films des noms de chansons ?
Rémi Bezançon
: Pour “Ma vie en l’air”, j’ai fait passer le scénario à Jeanne Cherhal pour savoir si elle voulait bien écrire une chanson pour le générique de fin du film. Ce qu’elle a fait. Sa chanson est inspirée du film et non l’inverse. Par rapport au tube d’Etienne Daho, je ne le connaissais pas quand j’ai trouvé le titre du film qui m’a été inspiré par une phrase d’”American Beauty” de Sam Mendes. C’est ma productrice qui me l’a fait écouter pour la première fois. J’ai trouvé qu’elle était très belle et surtout qu’elle correspondait tellement bien au film que j’ai tout fait pour en obtenir les droits. Je trouve qu’elle sert de sas de décompression pour sortir du film en douceur.

Mademoiselle Julie : On a découvert 2 jeunes acteurs prometteurs, Pio Marmai et Marc-André Grondin… Comment les avez-vous connu ?
Rémi Bezançon : J’étais en casting quand j’ai découvert Marc-André Grondin dans C.R.A.Z.Y le film de Jean-Marc Vallée. Le coup de foudre ! J’ai eu immédiatement envie de le rencontrer. On lui a fait parvenir le scénario à Montréal, où il habite, et le projet lui a tellement plus qu’il a pris un billet d’avion pour venir passer le casting à Paris. Là, je me suis rendu compte qu’il avait un accent québécois à couper au couteau et j’ai pensé que c’était mort (ça aurait fait tâche au sein de la famille Duval ;-) . Mais Marc-André m’a demandé de lui faire confiance, qu’il allait perdre son accent. J’ai dit OK. Quand je l’ai revu deux mois plus tard, il n’avait plus aucun accent. Pour la petite histoire, il a travaillé avec la même coach vocale qui a fait perdre son accent belge à Déborah François.
Pio Marmaï, je l’ai rencontré en casting. Je ne voulais pas d’un comédien connu pour interpréter Albert Duval. J’ai casté une cinquantaine d’acteurs, et un seul m’a tapé dans l’oeil : Pio. Il a un physique très bestial et à la fois très tendre. C’est un comédien qui vient du théâtre, il n’avait jamais fait de cinéma avant. J’ai du convaincre mes producteurs que c’était le bon choix et ils ont décidé de me faire confiance, se rappelant peut-être que je leur avais fait le même coup pour Gilles Lellouche dans “Ma vie en l’air”. S’il n’est pas nominé aux César en tant que meilleur jeune espoir, je rends mon tablier.

Mademoiselle Julie : D’autres projets à venir ?
Rémi Bezançon : J’adapte en ce moment “Un heureux évènement” d’Eliette Abecassis (éditions Albin Michel). Un très joli livre sur la maternité.

Mille Mercis à Rémi pour sa précieuse et gentille collaboration

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