Un monde de “sans”

(NDLR : En journalisme, un éditorial est un article qui reflète la position ou bien le point de vue de l’éditeur ou de la rédaction sur un thème d’actualité.)

Nous vivons dans un monde de “sans”. Des sodas sans sucre, des biscuits sans gluten, des raves sans alcool, des cigarettes sans filtre, des cosmétiques sans paraben, des bières sans alcool, du café sans caféine, du lait sans lactose, du boeuf sans viande.

Ce que cette overdose de manque dit de nous ? Tout notre paradoxe à vivre dans un monde de “trop” sans jamais se l’avouer. Face au trop plein d’informations, on prône la detox 2.0. Face au surcroît de l’obésité, on prône les produits sans sucre, sans sel, sans plus rien du tout. Face au tout gratuit, le pouvoir d’achat ne s’est jamais aussi mal porté.

Aussi, face à l’ère du tout numérique et du gavage musical en streaming, les ventes de vinyles remontent en flèche, je n’écoute plus que mes vieux CD et j’envisage même de ne pas renouveler mon abonnement Spotify qui prend fin en octobre. Face au débordement d’albums en ligne, face à la saturation de mon “espace de stockage”, mes écoutes deviennent cycliques voire obsessionnelles. La semaine dernière, Depression Cherry de Beach House. Celle d’avant, Within and Without de Washed Out. La prochaine, Currents de Tame Impala. L’autre encore, peut-être le premier album de Britney Spears – oui parfois aussi il m’arrive de me sentir nostalgique de mon adolescence. Et en vrac, au milieu, d’autres vieux titres encore – Shola Ama, Craig David, et j’en passe.

Et du coup, je découvre aussi des pépites enfouies sur des CD que je n’ai jamais écoutés en entier, comme celle-ci :

https://m.youtube.com/watch?v=RpvsUQ98D0s

Nul doute que dans tout progrès aux effets secondaires indésirables, il y a toujours un symptôme plus ou moins agréable.

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