Les défis d’une première au ski

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10 % des Français seulement partent skier en hiver. De retour des pistes, j’avoue me sentir d’un coup beaucoup moins seule. Il m’a fallu attendre 30 années pour connaître autre chose que trois flocons de neige au bord de ma fenêtre. La montagne, ça vous gagne ? Je dois vous avouer un truc : ça n’a pas été facile tous les jours. Voici pourquoi.

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1. Le froid, ça pique
Le Mistral marseillais qui souffle environ 200 jours par an n’a absolument rien à voir avec le froid glacial de la montagne. Ce froid qui transperce tes vêtements, pique, brûle, fige, durcit tes petits doigts. Tes orteils. Tes oreilles. Ton nez. Assèche ta bouche, provoque des gerçures sur tes lèvres. Et provoque instantanément chez toi un toc rarissime qui ne se déclenche qu’à plus de 1000 m d’altitude, environ toutes les cinq minutes maximum : l’application de ce cher baume à lèvres que l’on appelle Labello. La belle vie ? Pas tellement.

2. Dans la neige, on s’enfonce
Je vouais déjà une admiration sans bornes aux vendeurs de beignets sur le bord des plages qui trimaient environ 10 heures par jour sous un soleil de plomb, en effectuant l’une des choses les plus pénibles qui soit en plein été : marcher dans le sable. J’ai réalisé que dans une épaisse couche de neige, c’est à peu près pareil, voire pire. Marcher dans la neige, sans raquettes, consiste donc à passer de – 50 cm à + 50 cm, et ce à chaque nouveau pas. Si en plus, la randonnée s’effectue en pente, je vous laisse imaginer le résultat.

3. L’équilibre, c’est pas inné
Après avoir marché trimé dans la neige, tu te dis que peut-être, ça serait plus facile de glisser sur les pistes. Mais là, problème. Tu réalises qu’à 30 ans, tu n’as jamais décroché ta première étoile, que tu galères déjà avec des rollers, que chez toi le patinage est tout sauf artistique, bref, que le ski n’est pas forcément une bonne idée – déjà que t’essayes de ressembler à quelque chose par -10°C avec quinze couches de pulls, tu aimerais quand même continuer à garder un peu de dignité en évitant de te ridiculiser bêtement sur une piste verte.
Quand soudain, miracle : tu aperçois ces gens à la fière allure qui glissent aisément sur du plat, ces gens qui pratiquent ce que l’on appelle communément le ski de fond. Pourquoi n’y avais-tu pas pensé avant ? Sauf qu’une fois tes skis loués, chaussés, après avoir trimé environ 10 mn par jambe pour « clipser » correctement ta chaussure dans l’encoche, tu déchantes. Ce qui avait l’air si facile chez les autres est devenu une galère sans nom pour toi. Dès que tu glisses, tu te raidis, et dès que tu te raidis, tu tombes. Et tu as beau essayer d’appliquer les conseils de ton partenaire, qui t’explique patiemment qu’il faut FLÉCHIR les jambes, c’est plus fort que toi, tu rechutes. Un bref instant, tu revois cette scène où Bambi apprend à trotter sur la glace.

4. La mode par -10°C, c’est complexe
En allant au ski, tu as appris à oublier l’expression « voyager léger ». Tu as aussi oublier de ressembler vaguement à quelque chose, parce qu’avec plus de 3 couches sur soi, en pull / pantalon de ski / doudoune, cela va de soi, à moins de s’appeler Kardashian et de débourser 10 000 € en fourrures et combinaison ajustée, il faut savoir mettre de côté sa féminité, son côté sexy. Et tandis que les skieurs chevronnés ont appris à oublier qu’ils ressemblaient à des cosmonautes échoués sur la lune avec leurs chaussures de ski façon j’ai-beau-coup-de-mal-mar-cher-co-rrec-te-ment, toi, tu as vite compris qu’à la montagne, le fluo est de rigueur. Manque de bol, tu adores le noir. Alors tu essaies de voir le verre à moitié plein : dans ta veste vert-pomme-sous-acide, tu es sûr d’une chose, c’est qu’on ne te perdra pas en chemin.

À 30 ans, en vivant tes premières fois à la montagne en hiver – dans un chalet, dans la neige, sur des skis de fond, dans un téléphérique, face à un shot de génépi –, tu as parfois râlé, eu envie de chialer, d’abandonner comme un mec après 3 jours dans Koh-Lanta, de vivre de fondues et de vin blanc local, de mourir en mangeant trop de fromage.

Et c’est en rentrant chez toi que tu as compris.

Tous ces paysages blancs, ces montagnes, ce calme, cette ambiance au retour des pistes te manquaient déjà. Vivement l’hiver prochain.

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