La nouvelle loi de l’emmerdement maximum

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Murphy avait raison. La tartine tombe toujours du côté de la confiture. De la même façon, les conversations insignifiantes entre gens polis mais qui ne s’apprécient que pour la bienséance dérivent inévitablement sur la météo du weekend. Les marronniers ont envahi les rapports humains sans aucun scrupule.

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La loi de Murphy se vérifie inéluctablement et son cercle vicieux nous prend plus souvent qu’on peut le croire. Qui n’a jamais réalisé que le fût de bière était tout le temps vide au moment précis où votre tour était venu au bar ? Que la personne la plus lente du monde prenait son ticket de train au guichet juste avant vous ? Que le plus grand homme de la soirée se mettait pile devant vous dans une salle de concert de plus de mille personnes ? Par on ne sait quel hasard, l’emmerdement maximum emmerde toujours avec insistance votre petite personne.

Peut-être le monde se regarde t il trop le nombril ? Peut-être tout un chacun est focalisé sur le chacun plutôt que sur le tout, sur l’individualité plutôt que sur l’ensemble ? Quand l’un se fait emmerder au maximum, c’est peut-être que tous les autres le sont au minimum ?

Ma théorie s’applique aussi dans la vie de tous les jours et dans tous ces petits tracas qui rendent nos quotidiens aisés de braves Occidentaux un peu moins monotones, un peu plus agités, un peu moins confortables. Des petits tracas qui donnent du grain à moudre à nos conversations à la machine à café ou à nos statuts du jour sur les réseaux sociaux. Complainte du phoque en moins de 140 caractères.

Cette semaine, la pénurie d’essence (oui, cette pénurie qui elle même, te fait vider le peu d’essence qu’il te reste pour chercher un peu de gasoil quelque part, ne pas en trouver, vider ton réservoir, râler, et en avertir tous tes amis Facebook).
Demain, le prochain iPhone qui ne fait toujours pas le café. Oui, tu râleras parce que la mise à jour est trop longue Ô toi qui a claqué un SMIC dans le dernier né des smartphones pour ne plus vraiment téléphoner et faire un peu comme tout le monde. Je doute que ceux qui toquent à la porte de leur voisin pour prendre de leurs nouvelles se plaignent de la qualité du bois de la porte d’entrée, ou de la vitesse d’ouverture de celle-ci, mais bon, cela n’engage que moi.

Ce matin, pour tout un tas de raisons et aucune à la fois (aucune valable, surtout), j’empestais devant mon café parce que j’avais pas envie de me dépêcher pour aller bosser. Que j’avais mal dormi sur mon matelas pourtant si confortable. Puis je suis sortie de chez moi et j’ai dit bonjour au clochard qui se réveillait à moitié plié sur son banc. Ça peut vous paraître con, mais c’est à cet instant que j’ai réalisé que mes petites complaintes du matin étaient futiles. C’est à ce moment-là que j’ai réalisé que la nouvelle loi de l’emmerdement maximum vient de l’intérieur : c’est nous qui (nous) la créons tous les jours.

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