{Interview} The Creators Project fait trembler Marsatac

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Nouveau partenaire créatif du festival Marsatac, The Creators Project, un concept alliant art numérique, design, musique et technologie, a été créé par Intel et Vice. Cette année pour la treizième édition du festival, ils ont eu pour mission d’aménager l’espace de la rue intérieure menant du Cabaret Aléatoire à l’Esplanade de la Friche. Plus sombre que jamais, l’allée empruntée par tous les festivaliers avait laissé tomber ses boules à facettes aux allures de stromboscope : cette année, Creators Project fait appel à H5 (Logorama) pour réaliser « des slogans martiaux, des spots de lumière crue et culpabilisante et des messages vocaux injonctifs proférés par des haut-parleurs impitoyables… » Cécile Logeay, chef de projet pour Vice, a gracieusement répondu à mes questions…

© Steve Wells pour Creators Project

Peux-tu nous présenter The Creators Project ?
The Creators Project est à la fois un site web, avec des video report et des shootings de nos artistes. C’est ensuite un studio de création, pour le côté mécénat. Et enfin, nous proposons des évènements itinérants avec du contenu pour site web. Nous travaillons aussi bien avec des artistes connus qu’avec des jeunes créateurs. Ce genre de rencontres est intéressant à tous les niveaux. Nous sommes un peu comme un intermédiaire entre les instances les plus prestigieuses et les jeunes artistes.

C’est aussi un projet à dimension internationale…
En France, nous sommes une dizaine à travailler pour Creators Project, mais le concept est repris dans 6 autres pays, partout dans le monde et même en Corée.

Comment choisissez-vous les festivals ?
Nous avons d’abord rencontré Vincent Carry, le directeur du festival les Nuits Sonores à Lyon, qui nous a parlé d’autres festivals, notamment le NAME à Lille. Ensuite, les rencontres se font par hasard, mais toujours naturellement.

Avec qui avez-vous travaillé cette année ?
En plus des Nuits sonores à Lyon, nous avons travaillé au NAME festival à Lille : notre mission était de monter une troisième scène, au milieu de nulle part. Cela a permis d’accueillir 2000 personnes supplémentaires.
Creators Project s’est également exporté outre-Atlantique avec le prestigieux festival Coachella, en Californie.
Ensuite nous collaborons régulièrement avec la Gaîté Lyrique à Paris, où Edouard Sallier (qui a signé le clip de Justice, Civilization) a animé un atelier avec Para One sur les méthodes de réalisation d’un clip.
Nous avons également travaillé avec We Love Art sur la fête de la musique au Grand Palais avec Richie Hawthin, et sur la prochaine We Love Boombox qui aura lieu le 29 octobre.
Nous bossons également sur le défilé d’Hussein Chalayan, que nous avons coproduit.

Comment s’est passée votre collaboration artistique avec Marsatac ?
Au départ, nous ne savions pas quel créateur choisir. Quand on nous a dit que le thème de cette treizième édition de Marsatac serait « Riot« , on a tout de suite pensé à H5, qui est l’un de nos meilleurs créateurs au niveau du thème de la rébellion. Nous avons donc demandé à 3 créateurs, notamment Superscript qui avait travaillé sur les Nuits Sonores, et H5. Chacun nous a donné une vision complètement différente. H5 et son slogan « Libertez, égalitez, fraternitez » nous semblait le plus approprié.

Quelles étaient les contraintes à Marsatac ?
Au départ, nous avions prévu de faire un tunnel avec des toiles au plafond pour refléter les visages des gens. Puis nous nous sommes rendus compte qu’en réalité il y allait avoir beaucoup de passage dans cette rue intérieure, avec notamment les allées et venues des camions et des techniciens. Nous avons dû abandonner l’idée pour opter pour un effet plus oppressant. C’était pile ce que nous souhaitions.

© Steve Wells pour Creators Project

Justement ça n’est pas un peu paradoxal de proposer un spectacle sur le thème de l’oppression dans un contexte aussi festif qu’un festival ?
C’était justement ça l’idée : déjà l’an dernier j’avais beaucoup aimé le côté festif de la boule à facettes, et là cette année, le côté plus sauvage, plus sombre, venait trancher avec ce côté enjoué du festival.

Que penses-tu de l’ambiance qui règne à Marsatac ?
J’aime beaucoup sa diversité, il y a plus de hip hop qu’aux Nuits Sonores par exemple. L’ambiance est vraiment bonne ici. Et puis j’adore The Shoes, et ils font partie de la programmation.

Les univers de la musique et du design sont-ils si indissociables ?
Tous les festivals tendent à mélanger design et musique. Ils ont de plus en plus d’attentes au niveau de la scénographie. On le voit de plus en plus, l’un a besoin de l’autre.

Creators Project

Logorama, le film de H5

Logorama de H5, primé aux Oscars from Marc Altshuler – Human Music on Vimeo.

2 COMMENTS

  1. Désolé mais j’ai trouvé cette animation, pour choquer, assez glauque et oppressante.. certaines phrases employées étaient de mon point de vue non adéquates en encourageant la haine.. ce qui n’a rien à faire dans un festival où l’alcool coule à flot

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