{Interview} Fortune, et la roue tourne…

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Fortune, groupe électro made in France de 2010 ? Ces 4 français qui puisent leurs inspirations dans des univers variés allant de la pop au post-punk ont écumé les festivals, comme Calvi on the rocks, et joué partout en France aux côtés d’Anoraak, Curry and Coco ou Hey Hey My My. Pour leur premier album, Staring at the ice melt (sorti en Mars sur le label Disque primeur), ils se sont entourés du producteur Stéphane « Alf » Briat, qui a travaillé notamment avec Phoenix ou Air. Fourré de tubes comme le tonitruant Bully, le nostalgique Under the sun ou le vaporeux Venus, ce premier opus n’est que le début d’une aventure qu’on leur souhaite la plus longue possible. Rencontre avec le leader et chanteur du groupe, Lionel Pierres…

fortune

© Julien Weber

Madmoiselle Julie : Comment a commencé l’aventure FORTUNE ?
Lionel Pierres : Fortune a débuté à la suite de Abstrackt Keal Agram, un groupe avec lequel j’avais réalisé trois albums en compagnie de Tepr qui joue désormais avec Yelle. Hervé et Pierre faisaient parti du groupe à la fin pour la scène et c’est naturellement qu’on a continué tous les trois sur le projet Fortune à la suite de AKA.

M. J. : Pourquoi le nom « Fortune »?
L. P. : Parce que ça sonne bien, qu’on peut le comprendre en français comme en anglais et puis sa signification est multiple, et contraire. On aime les choses qui s’entrechoquent, un groove chaud avec une mélodie froide par exemple : c’est comme ça que l’on fonctionne. Il nous fallait un nom qui soit au diapason. La bonne, la mauvaise fortune, la chance, la malchance… En tout cas nous n’avons pas choisi ce mot pour sa signification bling bling, c’était bien au contraire assez ironique d’arriver avec un nom aussi show off alors que nous le sommes absolument pas.

M. J. : Vous étiez présents l’été dernier au festival Calvi on the rocks. Quel souvenir en gardez-vous ?
L. P. : Ah les vacances, le soleil, les filles en bikini… C’est à mi-chemin entre le travail et les vacances, donc c’est parfait !

« On essaie de créer l’émotion
instantanément,
sans tomber dans la facilité.
»

M. J. : Une question un peu difficile, mais si vous deviez ne garder qu’un titre sur « Staring at the ice melt », ce serait lequel et pourquoi ?
L. P. : Sans hésitation aucune Under The Sun, car il résume très bien l’album. c’est pour ça qu’on l’a mis en premier sur l’album. D’ailleurs il a été ajouté sur le tard. L’album était fini mais nous avons finalement tenu à repousser la sortie de l’album pour le peaufiner et aussi et surtout pour rajouter ce morceau qui nous tient beaucoup à coeur.

M. J. : Justement, ma chanson préférée de votre album est « Under the sun ». Quelle est l’histoire de ce morceau ?
L. P. : Ahah, ok je jure que j’avais pas lu cette question avant de répondre à la précédente !
C’est un morceau très évocateur, pour les paroles je me suis inspiré de romans comme ceux de Bret Easton Ellis et tout particulièrement Moins que Zéro. Ce roman parle de jeunes gens friqués à L.A qui ont tout pour réussir mais qui préfèrent rien faire de leur journée et se laissent aller… Mais cela est très imagé, il y a un côté « Spleen ». Tel que l’entendait Baudelaire dans ses poèmes (où tel que je l’interprète du moins) c’est à dire cette état semi-dépressif dans lequel on aime se lover lorsqu’on est pas bien, tout comme écouter un morceau super déprimant lorsque qu’on ne se sent pas au top.

M. J. : Votre musique trouve ses influences dans des groupes post punk comme Joy Division ou Depeche Mode. Quels autres groupes vous inspirent aujourd’hui ?
L. P. : Depeche mode est un groupe qui nous inspire plutôt inconsciemment tellement ils sont influents sur la musique en général. Ils ont été très loin dans le rapprochement entre rock/pop et electro et très tôt dans leurs carrières. Mais il y a pleins d’autres groupes de cette époque qui nous ont influencés, et je pense qu’on est plus proche de groupes comme Human League qui ont un côté moins torturé dans leur musique, plus pop. ou encore Talking Heads qui ont mêlés leurs musiques avec la world ou le hip hop. Nous sommes plus dans cette tradition là.

M. J. : Les Inrocks disent de votre musique qu’elle oscille entre « entre joliesses pop et electro fêtarde ». Vous préférez lequel des deux termes ?
Dur de choisir. Bon j’avoue que j’aime pas forcément la jolie pop, alors bon… et pas vraiment non plus l’electro fêtarde. Mais j’ai bien la pop fétarde et la jolie electro ! Je sais pas si le mélange des deux revient au même ?! En tout cas c’est exactement le genre de musique que j’aime écouter.

M. J. : Avec votre précédent duo Abstrackt keal agram, vous proposiez un son plus orienté hip hop électronique. Pourquoi ce virage à 180 degrés ?
L. P. : C’est avant tout l’envie de chanter qui a provoqué ce changement. Et aussi l’envie d’en découdre avec des structures de morceaux traditionnelles (couplet-refrain-couplet…). Avec AKA le propos étaient différents, on avait pas l’intention de faire des morceaux pop. On voulait inconsciemment faire des morceaux « progressifs » qui imposent une ambiance presque cinématographique. Nous nous en sommes rendus compte après coup mais nos morceaux étaient comme scénarisés. Il fallait rentrer dedans. Là, avec Fortune, on essaie de créer l’émotion instantanément, sans tomber dans la facilité.

M. J. : Vous êtes un groupe français, vous citez aussi Phoenix comme l’une de vos références, et comme eux, vous chantez en anglais. Pourquoi ce choix ?
L. P. : Ce n’est pas un choix c’est une évidence. C’est culturel, on a toujours écouté de la musique anglo-saxonne, on a très peu écouté de chanson française. Et les exemples de groupes ou d’artistes pop qui chantent en français sont trop rares (Daho, Christophe, Gainsbourg). Ceci dit maintenant sous l’impulsion notamment de Phoenix les choses sont en train de changer.

M. J. : Vos futurs projets ? De nouvelles envies pour un futur album ?
L. P. : On se concentre avant tout sur le groupe. On ne veut pas trop s’éparpiller. Pour le futur album il est un peu tôt pour le dire mais évidemment on a envie de se surpasser.

Le clip de Bully

Pour + d’infos :

# Leur Facebook

# Leur MySpace

# Leur dernier EP « Under the sun » sur iTunes

# Le blog officiel

# Écouter l’album sur Deezer

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